Aliments ultra-transformés, ils rendent chaque jour un peu plus malades !


Après les aliments bio, vegan ou encore “sans” (sans gluten, sans sucres, sans lactose…), les aliments “ultra-transformés” font depuis quelques années de plus en plus parler d’eux. Mais qu’entend-on vraiment par produits “ultra-transformés”?


Si on peut classer les aliments par familles (voir ci-dessous), on peut aussi les regrouper selon leur niveau de transformation (classification NOVA) :


On distingue alors les aliments en 4 groupes


° Groupe 1 : Les aliments non ou peu transformés.


Il s’agit des aliments bruts ou constitués d’ingrédients ayant subi des procédés thermiques ou physiques simples.

Exemples : pâtes sèches cuites à l’eau non salée et viande hachée cuite sans matière grasse et sans assaisonnement


° Groupe 2 : Les ingrédients culinaires.

Ce sont des ingrédients qui vont venir agrémenter une préparation.

Exemples : sel, huile d’olive


° Groupe 3 : Les aliments transformés.

Ils représentent les aliments composés d’ingrédients appartenant aux groupes 1 et 2, c’est à dire les produits artisanaux ou faits maison, et certains produits industriels. Ils sont à bien différencier des aliments ultra-transformés.

Exemples : pâtes sèches cuites à l’eau salée et viande hachée assaisonnée cuite à l’huile d’olive (en se basant sur nos exemples précédents)

Il est aussi possible d’obtenir des aliments transformés à partir d’ingrédients également transformés. Ainsi, pour réaliser des pâtes à la bolognaise maison, on peut ajouter aux pâtes et à la viande hachée de la sauce tomate (qui selon sa composition peut appartenir aux groupes 1, 3 ou 4) et du fromage râpé (groupe 3).


° Groupe 4 : les aliments ultra-transformés.

S’il n’existe pas de définition officielle pour ces produits, ils ont tout de même certaines caractéristiques communes qui nous permettent de bien les identifier :

  • produits industriels

  • souvent emballés mais aussi en vrac (gâteaux, bonbons…)

  • très attractifs et colorés

  • pratiques et rapides à consommer

  • prix relativement abordable

  • (très) longue liste d’ingrédients généralement écrite en tout petit

  • présence systématique d’additifs (exhausteurs de goût, colorants, émulsifiants, épaississants…) utilisés comme ingrédients cosmétiques et réservés aux industriels pour valoriser leurs produits. Vous remarquerez en effet que ces ingrédients ne sont pas disponibles en supermarchés pour la plupart.

Comme une grande partie des produits industriels, ils contiennent souvent (même lorsqu’on ne s’y attend pas) du sucre qu’on désigne de “sucre caché” présent parfois à plusieurs reprises sous différentes dénominations (sucre, fructose, sirop de glucose, maltodextrine, dextrose…).

Enfin, leur fabrication nécessite des procédés techniques très complexes comme l’hydrogénation (1) pour les huiles afin d’en modifier la texture et pour une meilleure conservation, ou encore l’extrusion (2) pour donner aux céréales la texture et la forme désirée. Même avec toute la bonne volonté du monde, vous aurez donc en principe peu de chances de pouvoir reproduire ces produits à l’identique chez vous.

Exemple : pâtes à la bolognaise industrielles contenant des additifs pour la conservation (conservateurs), le goût (exhausteurs de goût), la couleur (colorants)...


Maintenant, que reproche t-on aux aliments ultra-transformés?

Malheureusement, ces produits au premier abord si attirants n’ont pas vraiment bonne réputation pour la santé, et à juste titre puisqu’une augmentation de 10% de ces produits ultra-transformés dans l’alimentation est associée à une augmentation de 12% du risque de cancer au global.

Selon les études menées sur le sujet, Ils favorisent également les risques de surpoids, d’obésité, de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de symptômes dépressifs et à terme de mortalité (MNT) et cela indépendamment d’autres facteurs comme la sédentarité, le tabac, l’alcool et la pollution environnante. Les additifs utilisés (même en très faible quantité) ne sont parfois pas sans risque pour la santé et certains sont accusés d’être de potentiels cancérigènes, perturbateurs endocriniens ou du microbiote (notre flore intestinale).

De plus, leurs effets respectifs et cumulés à long terme (le fameux “effet cocktail”) ne sont pas toujours connus. Les produits industriels, qu’ils soient ultra-transformés ou non, sont souvent riches en sucres et/ou en graisses et/ou en sel. Consommés en quantité excessive, ils sont néfastes pour la santé et participent au développement des maladies citées précédemment. Les processus de fabrication utilisés viennent dénaturer les aliments et dégrader leur qualité nutritionnelle lors du raffinage par exemple qui consiste à retirer certaines parties d’un aliment pourtant bien souvent intéressantes nutritionnellement (procédure pour passer du riz complet au riz blanc), ou lors du chauffage à haute température (UHT) (3). Cela a pour conséquences une modification de la biodisponibilité (4) de certains nutriments, autrement dit notre corps se les approprie moins bien.




Quelle conclusion en tirer ?


S’il ne s’agit pas de supprimer totalement les aliments ultra-transformés de notre alimentation qui ont un intérêt pratique certain, il est clair que leur consommation doit rester occasionnelle ou pour dépanner. Il s’agit dans un premier temps de bien les repérer pour ne pas les cumuler au cours d’un même repas et dans la journée. Le meilleur moyen pour cela est de regarder la liste des ingrédients, et si des mots trop compliqués ont tendance à s’accumuler, vous êtes à coup sûr face à un produit ultra-transformé, et il vaut alors peut-être mieux passer son chemin.

Attention, le Nutri-Score dont nous vous avons déjà parlé dans un précédent article ne renseigne que sur la qualité nutritionnelle des produits, sans prendre en compte leur degré de transformation ni la présence ou non d’additifs alimentaires. Il est donc tout à fait possible qu’un produit ultra-transformé ait un Nutri-Score A. Désormais, certaines applications comme SIGA renseignent sur le niveau de transformation des produits.

Fort heureusement, il y a de quoi être optimiste puisque diminuer ne serait-ce qu’un peu sa consommation de produits ultra-transformés a déjà un impact positif sur la santé (tout comme le fait de bouger un peu plus au quotidien par exemple). Autrement dit, un petit changement de ses habitudes suffit à observer des conséquences positives notables sur la santé ! On ne peut donc que vous recommander de cuisiner par vous-même vos repas du quotidien, à partir d’ingrédients bruts dans la mesure du possible, en gardant en tête que la nature est bien faite !

(1) Technique consistant à ajouter des atomes d’hydrogène (H) dans la structure des acides gras.

(2) Procédé durant lequel les matières premières sont brassées et chauffées sous pression dans un tube.

(3) La stérilisation à Ultra Haute Température est une technique consistant à faire chauffer un aliment (souvent à base de lait) à environ 140°C pendant 3s avant de le refroidir.

(4) Capacité d’une substance à rejoindre la circulation sanguine sous forme inchangée.


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